Alors que l’attelage de l’Espagnol Salva Luque qui vient de franchir le premier la ligne d’arrivée, déboule dans le parking mushers, les chiens encore écumant de l’étape du jour , un couple que personne ne connait s’affaire d’un camion à l’autre, elle, une épuisette à urine en bout de canne et lui des questionnaires à la main. Ils se précipitent sur la petite troupe ibérique, un lecteur de transpondeur électronique (puce) au bout du bras.
Ce sont les deux envoyés spéciaux de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) qui doivent procéder à un maximum de contrôles. « Nous ne pouvons matériellement pas contrôler tous les attelages » reconnait le vétérinaire délégué par l’Agence. « On procède au hasard. On est obligé de faire des contrôles aléatoires » explique le praticien en courant après un chien du Tchèque Miloslav Mikolasek pour relever sa puce d’identification. Finalement, face à la difficulté de calmer les chiens encore tout à leur course de 59 km, le délégué cherche une autre meute. C’est au tour des chiens de Jean Combazard d’être dans le collimateur. « Ca rate jamais, je suis tout le temps contrôlé » lance en riant, le musher de Seine et Marne.
Ce type de contrôle est systématique sur les grandes courses, même si les cas de dopage repérés sont rarissimes aux dires des spécialistes de ce sport. « C’est une excellente chose que l’AFLD se déplace sur notre course. C’est un gage de sérieux et d’éthique » se félicite Dominique Grandjean, directeur de course et lui-même acteur décisif dans la lutte anti dopage dans le mushing en tant que professeur à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maison Alfort.
Et pendant que le parking se remplit de tous les chiens de la course, l’équipe de l’agence tente de récupérer l’urine d’un huskie qui s’arrête immédiatement lorsque l’épuisette est à bonne hauteur. Mauvaise pioche. Avec patience la vétérinaire repart à la recherche de quelques gouttes pour faire des analyses. « Impossible de demander à un chien comme on le fait pour les hommes, de faire pipi sur commande » dit en riant un véto du team de La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc. Le prélèvement d’une pipette de sang est plus facile. L’ensemble de ces échantillons doit permettre de repérer d’éventuelles traces d’anti inflammatoires, d’anabolisants, de produits diurétiques, des amphétamines et autres antidouleurs. « On ne leur donne rien car tout est interdit » note Isabelle Travadon, la seule musheuse engagée dans l’épreuve.
Ces chiens sont calmes et facilitent la tâche des représentants de l’Agence qui sont néanmoins revenus le lendemain pour compléter leurs questionnaires.
Patricia-M. Colmant