L’édition 2012 de La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc est de l’avis de tous les acteurs, la plus réussie depuis que cette course a été créée en 2005. Elle restera dans les annales comme celle de tous les plus.
La plus difficile, car pour la première fois, les concurrents ont du avaler 30 000 m de dénivelée positive alors que lors des précédentes éditions, le total cumulé n’avait pas dépassé les 25 000 m. La dénivelée négative totalise aussi près de 30 000 m ce qui demande un effort particulier aux chiens. En descente, leurs épaules sont très sollicitées. La plus longue avec près de 800 km parcourus par les attelages. Mais en terme de difficulté, c’est l’équivalent de plus de 1000 km couverts. Certains chiens comme Roxy et Stinger, les chiens de têtes du vainqueur Radek Havrda, le sibérien huskie Angelus de Jean Combazard, Miller, l’alaskan du Suédois Jimmy Petersson ou Léon de Jean-Philippe Pontier, troisième au classement général, ont fait toutes les étapes.
La mieux préparée par les concurrents qui se sont tous alignés avec des attelages très performants. « J’ai tiré la leçon de l’échec de l’année dernière » explique Radek Havrda. « Mes chiens sont mieux entraînés, j’ai fait très attention à les préserver au début de la course ». Avec cette victoire, il devient le premier musher à gagner deux fois La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc. De même, Jean-Philippe Pontier est le premier Français à afficher deux victoires d’étapes à son palmarès. Son succès dans la dernière étape confirme combien son attelage est bien préparé. « J’ai plusieurs jeunes chiens qui se sont remarquablement comportés. A l’arrivée, ils sont en forme et prêts à repartir » poursuit le musher du Tarn, parti l’an dernier avec sa famille s’installer en Norvège pour exercer son métier dans de meilleures conditions. L’attelage d’Isabelle Travadon, la seule femme musheur à avoir terminé plusieurs Grande Odyssée Savoie Mont Blanc, était aussi en super forme. « Mes chiens ont été très réguliers sur tout le parcours. Mes quatre jeunes chiens ne sont pas éprouvés du tout. Cet après midi, en montée, ils ont tenté de courir après un écureuil ! Même à l’arrivée, ils en ont encore sous le capot » conclut, très heureuse, la première musheuse française.
Un balisage plus simple, plus claire et plus complet a apporté toute satisfaction aux concurrents. Rares sont ceux qui ont manqué une boucle ou raté un embranchement. « A l’automne, on a repensé toute la signalétique de la piste pour éviter les confusions de l’an dernier » explique Emmanuel Turillon, responsable du balisage de la trace qui a travaillé sur cette question avec les responsables des pistes des différents massifs traversés. Plusieurs milliers de piquets et des centaines de mètres de filets et rubalises étaient plantés chaque jour pour délimiter le parcours.
Des conditions météo extra, tant sur le plan de la quantité que sur celui de la qualité de la neige. Présente sur tout le tracé, elle a permis aux concurrents de réaliser l’intégralité du parcours à l’exception du Petit Mont Cenis où les accumulations de neige étaient excessives pour faire une trace sans danger. « Cette belle neige, pas trop dure pour les poignets et les épaules des chiens, était parfaite. C’est la première année que l’on a aucun poignet d’abîmé » se réjouit Philippe Travadon, vétérinaire, handleur et mari d’Isabelle.
Des sites plus beaux et spectaculaires les uns que les autres. « C’est la plus belle Grande Odyssée que j’ai faite » commente le Tarnais tandis que Jean Combazard la qualifie « de toute beauté » et que Miguel Angel Martinez , arrivé bon dernier avec 1 j 18h53’17’’ de retard sur le premier la juge « absolument magnifique ».
Un public partout enthousiaste et plus nombreux que les autres années. « Cette année nous avons eu au moins 3000 personnes de plus en Haute Maurienne Vanoise à l’occasion de cet évènement »se félicite Jean-Pierre Jorcin, maire de Val Cenis Lanslebourg et soutien inconditionnel de l’évènement pour sa région. « Cette année c’est une réussite à tous points de vue. C’était beaucoup plus spectaculaire que les autres années ». Un intérêt accru de la part des médias. « C’est bien pour valoriser notre sport » reconnait Jean-Philippe Pontier, toujours un peu réservé devant la caméra. Cet afflux de couverture médiatique a été en effet manifeste pour la plus grande satisfaction des territoires d’accueil et des sponsors de la course. « A la suite de la dernière édition, nous avons repensé l’évènement. Il est désormais plus lisible grâce, notamment, à une étape par jour. On est content de constater que les aménagements ont porté leurs fruits » conclut Anthony Choumert, directeur de l’évènement.
Mais bien sûr, c’était aussi l’année de quelques moins… « il y avait beaucoup moins de râleurs » lance avec le sourire Philippe Travadon. Il y a eu aussi moins de chiens blessés. « On a quelques contractures, des petites foulures et des petites plaies aux coussinets. Mais dans l’ensemble c’est de l’ordre de la bobologie. Les meutes sont en bonne forme. Les chiens ont juste besoin de repos » commente Aurélie Levieuge, membre de l’équipe des 6 vétérinaires qui a été partout et à tout moment aux petits soins pour les athlètes. Mais ce matin, les chiens de Daniel Juillaguet, musheur jurassien qui est le seul à avoir participé à toutes les éditions « avaient une petite baisse de moral ». Et pour cela, les veto n’avaient pas de remèdes miracles. La perspective de longs et confortables dodos dans les prochains jours devrait résoudre ce petit souci.
Patricia-M. Colmant